Entretien avec Anne Mergault, l’une des co-fondatrices d’E.L.A.N.

Voici un résumé de l’entretien avec Anne Mergault, l’une des co-fondatrices de l’Espace Libre d’Apprentissages Naturels (E.L.A.N.), un centre d’apprentissage libre pour les enfants et adolescents faisant l’expérience de l’éducation à domicile et qui ouvrira très prochainement dans la région de Bromont.

Pour plus d’informations sur ce lieu, vous pouvez consulter l’article associé et leur page facebook.

 

Comment est venue l’idée de créer un Centre d’apprentissage libre ?

L’idée a germé il y a environ 1 an et demi – 2 ans dans la tête de Kathleen (l’une des fondatrices du projet) qui a vu sa fille souffrir du manque de jeu à l’école. Elle s’est alors renseignée sur les écoles démocratiques aux États-Unis et elle a eu la vision de créer un centre d’apprentissage libre. Elle a rencontré d’autres mères inspirées par le projet lors de la conférence pour l’écologie de l’enfance qui a eu lieu à Montréal en septembre de l’année passée. Ça a été le déclic. Anne s’est officiellement joint au projet en décembre, rêvant de proposer à son fils un tel environnement depuis plusieurs années.  Elle a, depuis, quitté l’emploi qu’elle occupait à temps partiel pour se consacrer au projet E.L.A.N. et elle accompagne son fils de 5 ans ½ dans ses apprentissages et dans son évolution.

Quelles démarches les fondateurs d’E.L.A.N. ont-ils réalisées jusqu’à présent et quels sont les défis qui les attendent?

Les membres d’E.L.A.N. ont décidé de créer un Organisme à But Non Lucratif (OBNL) afin d’obtenir un statut officiel et de faciliter les démarches nécessaires à l’aboutissement du projet. Ils reçoivent ainsi l’aide du Centre Local de Développement (CLD) afin d’écrire leur plan d’affaires et profitent de l’expertise de Lawrence, le conjoint d’Anne, qui a beaucoup d’expérience dans la mise en place et la gestion d’OBNL. Leur plan d’affaires sera finalisé sous peu et leur site internet est en construction.

Côté financement trois pistes sont envisagées pour faciliter le démarrage du projet :

– solliciter des fondations privées, notamment celles qui s’intéressent à l’éducation et au sort réservé aux personnes âgées,

– faire appel aux organismes communautaires locaux, notamment pour réunir l’équipement et le matériel nécessaire pour l’ouverture du centre,

– et mener une campagne de levée de fonds sociale.

Le projet s’inscrit parfaitement dans l’économie sociale car, en plus de créer des emplois, il a pour but d’intégrer les ainés dans la vie du centre. Il s’agit d’un point qui leur tient particulièrement à cœur. E.L.A.N. veut faire la part belle aux personnes âgées qui ont tant d’expérience à transmettre aux plus jeunes. Les ainés sont très patients avec les enfants qui le leur rendent bien. Les membres d’E.L.A.N. ont vraiment envie de chercher à valoriser les talents locaux chez les ainés.

La première réunion d’information et de pré-inscription a permis de démontrer que ce projet répond à un réel besoin des familles de la région.

Le plus gros défi reste à trouver le lieu idéal qui accueillera le projet. Il restera ensuite à constituer un groupe « d’apprenautes » d’âges divers. Des parents ont déjà pré-inscrits leurs jeunes enfants. Il reste notamment des places pour des jeunes adolescents.  

 

Quel sera le rôle des adultes dans ce Centre et comment l’autonomie des enfants sera-t-elle favorisée?

Les facilitateurs seront là pour accompagner les enfants et les inviter à demander de l’aide quand ils en ont besoin. Si un enfant manifeste le désir d’apprendre quelque chose de particulier, le matériel nécessaire sera mis à sa disposition et des ressources compétentes seront mobilisées. Les membres d’E.L.A.N. ont déjà une base de données de bénévoles qui ont une compétence particulière (notamment deux enseignantes expérimentées, dont une ancienne directrice d’une école démocratique aux États-Unis) qui pourraient venir au centre, répondre au besoin des enfants. Si les enfants manifestent le besoin d’avoir un nouvel équipement qui coute beaucoup d’argent (comme un module de jeu extérieur), les facilitateurs vont les accompagner et les encourager à poser des gestes concrets, à trouver des solutions par eux-mêmes afin de les responsabiliser. Ils pourront par exemple vendre des légumes récoltés sur place ou des plats qu’ils auront préparés au sein du centre. Cependant, les facilitateurs sont aussi là pour aider les enfants qui sont bloqués, ne savent pas « quoi » ou « comment » demander. Ils s’adapteront donc aux besoins de chacun afin que tous puissent identifier et suivre leurs centres d’intérêt. Les facilitateurs seront donc présents pour soutenir les apprentissages des enfants permettant du même coup de remplir leur réservoir d’affection en se faisant pleinement disponibles et accueillants. Une fois que les enfants seront habitués au fonctionnement du centre, ils pourraient mettre en place des cercles d’intention. Il s’agit d’un moment d’échanges lors duquel chacun peut définir ce qu’il compte faire de sa journée. Ce type de discussion aide en général les enfants à mieux cerner leurs objectifs.

 

Comment voyez-vous E.L.A.N. dans 5 ans ?

N’hésitons pas à rêver grand ! E.L.A.N. sera situé dans une très très grande maison saine, une maison construite avec des matériaux écologiques (en chanvre par exemple), pleine de grandes fenêtres, avec du solaire passif, de grandes pièces aérées, baignées par la lumière naturelle. Il s’agira d’un lieu esthétique, agréable à vivre où tout le monde se sentira bien. À l’extérieur, on trouvera un jardin en permaculture, une forêt nourricière et une forêt d’arbres matures que les jeunes pourront explorer, où ils pourront faire des cabanes et monter dans les arbres autant qu’ils le souhaitent. On trouvera également une rivière dans laquelle on pourra se baigner l’été, une yourte ou un tipi et pourquoi pas des animaux. Il y aura également un atelier de menuiserie, beaucoup d’espace pour faire des activités sportives : du vélo, jouer au soccer, au basket, une rampe de skateboard, un trampoline, etc.

À l’intérieur on trouvera une très grande bibliothèque, un labo de sciences, une grande pièce pour faire de la danse, du yoga, de l’aïkido, des arts du cirque etc, une pièce pour les arts (dessin, poterie, peinture, couture…), une pièce pour la musique, une autre pour les écrans et une grande cuisine dans laquelle on pourra cuisiner les légumes et fruits du jardin. Le centre sera en constante évolution, au gré des intérêts et passions de ses membres. 

Il s’agira d’une vraie ruche de partage de savoir-être, de connaissances et de compétences, où chacun pourra s’épanouir et cultiver ce qui le rend heureux.

 


Il ne reste plus qu’à espérer que ce lieu de rêve alliant apprentissages naturels et environnement riche et stimulant verra le jour très prochainement !

Une réponse sur “Entretien avec Anne Mergault, l’une des co-fondatrices d’E.L.A.N.”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *