Les 7 raisons pour lesquelles je n’enverrai pas ma fille dans une école classique

Ma fille vient d’avoir 4 ans et devra officiellement entrer à l’école, pour son premier jour de maternelle dans 564 jours, soit 1 an, 6 mois et 18 jours. Plus le moment où je vais devoir mettre ma fille à l’école approche, plus je lis et me documente sur les différents modes d’éducation existants et plus je prends conscience, que non, définitivement, je ne pourrai pas mettre ma fille dans une école classique pour ses 10 prochaines années.

Je vais vous expliquer pourquoi en 7 raisons, toutes soutenues par les dernières découvertes scientifiques notamment en sciences cognitives et qui seront détaillées davantage dans les prochains articles.

 

Raison numéro 1 : les apprentissages devraient être dirigés par l’enfant

C’est ce que l’on appelle le self-directed learning. Ce sont les scientifiques qui nous le disent (Peter Gray, Stanislas Dehaene, Céline Alvarez, et bien d’autres), les ingrédients indispensables à tout apprentissage sont la motivation, la curiosité et l’enthousiasme. Avez-vous déjà essayé (hormis à l’école) de retenir une information qui ne fait aucun sens pour vous et que vous êtes certain de ne jamais utiliser dans votre vie quotidienne ?

Le cerveau est ainsi fait, pour maximiser l’utilisation de ses ressources, il va vous permettre de consolider très facilement ce qui lui parait le plus utile et intéressant pour vous. Cela signifie qu’un contenu qui ne vous parait pas clair, qui semble n’avoir ni queue ni tête sera extrêmement difficile à retenir.

Cela explique pourquoi votre voisin, passionné par l’histoire de l’Égypte antique peut facilement retenir le nom de toutes les dynasties de pharaons alors qu’il est incapable de retenir un seul des noms de joueurs de votre équipe préférée de hockey. C’est un fait, pour apprendre efficacement, il faut être motivé par le sujet.

 

Pour qu’un enfant puisse faire des apprentissages durables, il y a quelques règles :

  • laisser l’enfant choisir ce qu’il veut apprendre selon ses centres d’intérêt,
  • ne pas lui mettre de pression sur le rythme d’apprentissage et le résultat attendu,
  • le laisser choisir ses propres défis,
  • le laisser se plonger dans ces apprentissages aussi longtemps qu’il le souhaite sans l’interrompre.

 

Raison numéro 2 : il est ESSENTIEL de respecter le rythme d’apprentissage de chacun

Les études menées sur l’école démocratique Sudbury, ont montré que des enfants âgés de 9 à 12 ans qui avaient décidé d’apprendre l’arithmétique, étaient capables d’assimiler en 20 semaines, les notions que les « élèves » sont censés acquérir en 6 années dans les écoles classiques, où les apprentissages sont imposés selon un emploi du temps identique pour tout le monde, avant même que les enfants s’y intéressent. Il y a un bon moment pour chaque apprentissage.

On le sait, certains bambins vont d’abord développer le langage, d’autres la marche. Les mêmes règles sont valables chez les enfants d’âge scolaire. Essayer d’imposer la lecture à un enfant qui n’est ni prêt ni intéressé, revient à un imposer le petit pot à un enfant de 2 ans et demi, qui est théoriquement en âge d’apprendre la propreté, mais qui, s’il n’est pas prêt, va juste se braquer voire régresser sans donner les résultats attendus par ses parents impatients de se débarrasser des couches.

L’enfant peut venir à la lecture de manière douce et non imposée, mais cela demande beaucoup de patience et une immense confiance en son enfant. Le résultat en vaut tellement la peine ! Les enfants, lorsqu’ils sont prêts, peuvent apprendre à lire parfaitement en quelques semaines, alors que certains, ayant subi tellement de pression sortiront du primaire, avec des difficultés telles qu’ils seront proches de l’illettrisme.

Se rappeler que chaque enfant a son propre rythme et ses propres intérêts, c’est respecter son enfant en tant qu’individu, lui faire confiance et lui donner les meilleures chances de réussir.

 

Raison numéro 3 : les enfants ne devraient pas être regroupés par année de naissance

La lubie de séparer les enfants par année de naissance est une idée récente qui ne repose sur aucune base scientifique. Depuis la nuit des temps, les enfants apprennent au contact d’une communauté de personnes d’âges divers : grands-parents, oncles, tantes, cousins, voisins, etc.

Il a été montré (voir de multiples références dans le chapitre 9 du livre « Libre pour apprendre » de Peter Gray) que dans les écoles qui mélangent des enfants d’âges différents (souvent de 5 à 12 ans) et encouragent la bienveillance, la dynamique entre les enfants est totalement différente de celle des écoles classiques. Les enfants plus âgés apprennent l’empathie et consolident leurs apprentissages au contact des plus jeunes. Ils s’entre-aident et sont autant de soutiens supplémentaires pour leurs pairs. Il y a, de ce fait, beaucoup moins de pression sur les adultes référents. Au contact des plus grands, les enfants sont exposés à de nouvelles découvertes et vont faire de nombreux apprentissages de manière naturelle et autonome. En voulant imiter leurs ainés, ils se lancent de nouveaux défis, dans une sorte d’émulation positive, sans l’aspect compétitif qui peut être source de beaucoup de stress. Il a été montré qu’il y avait beaucoup moins de harcèlement dans les écoles qui ne séparent pas les enfants par classe d’âge et que les enfants du monde entier font preuve de davantage d’empathie et de gentillesse envers les enfants ayant au moins 3 ans de moins qu’eux. Enfin, le regroupement totalement artificiel par année de naissance ne leur apprend en rien ce que sera leur « vraie vie’ d’adulte.

 

Raison numéro 4 : le système de notation est contreproductif

Les scientifiques le disent : le cerveau apprend par essai et erreur. Pour qu’un apprentissage se fasse, il faut essayer quelque chose, voir le résultat et s’auto-corriger jusqu’à obtenir le résultat attendu. Pour que cela fonctionne, il y a 3 règles de base :

  • on ne doit pas avoir peur de faire des erreurs
  • on doit se fixer ses propres objectifs
  • on doit pouvoir évaluer soi-même (et immédiatement) si notre stratégie a été efficace, idéalement sans l’intervention d’un tiers.

Toute autre forme d’évaluation, mettant les enfants en compétition pourra fonctionner pour les enfants particulièrement adaptables mais va décourager la plupart des autres et va aussi les empêcher de vraiment prendre en main leurs propres apprentissages.

Les enfants deviennent passifs et attendent qu’on leur dise si ce qu’ils font est bien ou non. La compétition et l’humiliation engendrées par les systèmes de notation font des dommages parfois irrémédiables à l’estime de soi des enfants (voir les articles de Catherine Guéguen). Il est essentiel de ne pas mettre les jeunes enfants dans des situations où ils se sentiront dévalorisés. Leur estime de soi est en train de se construire, il est alors essentiel de valoriser les efforts, la persévérance sans poser un « diagnostic » ex « tu es nul », « tu es le denier de la classe ».

 

 Raison numéro 5 : les devoirs à la maison sont inutiles

Après une journée d’école, les enfants à qui l’ont a imposé des apprentissages n’ont qu’une idée en tête : jouer et enfin (!) faire ce qui leur plait. Et c’est bien compréhensible. Vouloir leur imposer une heure de devoirs, c’est tout simplement leur enlever l’occasion de se défouler, d’apprendre (enfin!) par le jeu des choses qui les intéressent vraiment. Soyons honnêtes, le moment des devoirs à la maison est un calvaire pour tout le monde. Les parents, se sentant responsables de bien suivre les devoirs de leurs enfants, se mettent souvent la pression. Il faut ruser, marchander pour obtenir d’eux les précieuses minutes d’attention pour finir ces devoirs. Et si, on passait ce même temps, détendus à jouer avec eux, ne risqueraient-ils pas d’apprendre davantage ?

Non je n’accepterai pas d’imposer cette torture à ma famille. Tout simplement parce qu’elle part d’un mauvais constat : si les enfants avaient la possibilité d’appliquer leurs apprentissages dans des activités qui leur plaisaient vraiment, ils consolideraient leurs apprentissages de manière si efficace, qu’il n’y aurait aucun besoin de rajouter des devoirs le soir.

Ceci nous mène à la façon dont les apprentissages sont amenés par l’école.

 

Raison numéro 6 : les enfants apprennent par le jeu et l’expérimentation

Tous les spécialistes le disent, les enfants apprennent par le jeu. Seulement il semble que cette vérité, largement acceptée au Québec, pour la petite enfance, soit complètement oubliée ou ignorée dès que l’enfant entre à l’école. D’un coup, on doit croire que le meilleur vecteur de l’apprentissage est le rabâchage d’informations par un adulte ? Pourquoi ce changement soudain (#peur de l’échec scolaire) ? Il n’y a aucune raison pour que ce qui est vrai à 5 ans ne le soit plus à 7.

Les enfants sont naturellement câblés pour apprendre par le jeu et surtout par l’expérience (voir cet article en anglais et plus généralement les chapitres 6 à 8 du livre «Libre pour apprendre » de Peter Gray). Ceci fait partie inhérente de leur nature profonde.

Pour apprendre, ils doivent pouvoir utiliser tous leur sens, pouvoir toucher, regarder, expérimenter. Ils apprennent par ce qui est concret. Leur demander de retenir des notions abstraites sans lien direct avec ce qui les entoure est tout simplement contre leur nature. Les écoles qui ont adopté l’éducation par « projets » l’ont bien compris. Mais est-ce suffisant ? Si cela vous intéresse, je vous invite à lire les livres de Maria Montessori qui explique parfaitement ces notions.

 

Raison 7 : les cours d’école ressemblent à des prisons

Au nom de la sécurité et du risque 0, tous les arbres, plantes et pelouses ont été retirés des cours de récréation. Les enfants sortent donc pendant leurs courtes récréations dans des cours de béton où tout est gris et uniforme. Or, explorer son environnement naturel est indispensable au développement de l’enfant.

De nombreuses études ont montré que le fait de grimper aux arbres par exemple peut aider au développement moteur, mais également leur développement émotionnel (via l’évaluation des risques) et contribue même à améliorer certaines capacités cognitives comme la mémoire de travail, qui nous permet de retenir une information pendant un cours laps de temps (voir cet article en anglais).

On a largement sous-estimé l’importance de permettre aux enfants d’explorer librement la nature. Ils y trouvent une infinité de possibilités de découvertes, de jeux et d’apprentissages bien plus stimulants que les jeux vidéos ou les programme télévisés. Cela leur permet également de se défouler et de vider leur trop plein d’énergie. Les enfants devraient, dans un monde idéal, pouvoir se promener dans un parc arboré ou mieux dans une forêt chaque jour, aussi longtemps que nécessaire.

 

Alors ceux qui sont arrivés au bout de cet article, sont en droit de se demander, ce que, finalement, je vais faire de ma fille : la mettre dans une école alternative? Une école démocratique? Faire l’école à la maison ou encore me convertir au unschooling?

À vrai dire, rien n’est décidé.

Je vous invite à m’accompagner sur le chemin de la réflexion. Quelle éducation rêvons nous de donner à nos enfants ? Les sciences cognitives peuvent-elles nous aider à faire des choix éclairés ?

Si toutes ces questions vous intéressent, je vous invite à me suivre et à vous inscrire ici, pour recevoir mes prochains articles.

À bientôt !

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